À Marrakech, le café-croissant vient de quitter le buffet du petit-déjeuner pour devenir un petit spectacle servi en chambre. Au Sofitel Marrakech Palais Impérial & Spa, la nouvelle expérience « Please Disturb » associe trois croissants travaillés comme des desserts à trois créations autour du café. Et le service ne s’arrête pas au plateau posé sur une table.
Disponible depuis le 1er septembre et jusqu’au 26 novembre 2026, cette édition limitée imaginée par Sofitel et Nespresso détourne même le classique écriteau « Ne pas déranger ». Ici, le client est au contraire invité à demander une intervention en chambre — brume d’agrumes, finition au chalumeau ou chocolat râpé — pour achever son accord devant lui.
Le détail qui change tout : on ne commande pas seulement une viennoiserie et un café. Chaque duo a son propre goût, sa texture et son geste final réalisé au moment du service.
🥐 Trois accords, et aucun café-croissant vraiment classique
Le menu repose sur trois propositions. « Le Brûlé » combine un cappuccino à la mousse caramélisée avec un croissant croustillant garni d’une crème au miel. L’ensemble joue avec l’amande, l’orange, la fleur d’oranger et les zestes frais.
« L’Épicé » va beaucoup plus loin : café-chocolat au lait d’avoine, croissant café-chocolat, fruit de la passion et pointe de poivre du Sichuan. Sur le papier, c’est le duo le plus risqué — et probablement celui qui s’éloigne le plus du petit-déjeuner d’hôtel attendu.
Enfin, « Le Tonique » rapproche un espresso tonic glacé à l’orange d’un croissant façon Paris-Brest. Noisette torréfiée, praliné, agrumes et légère amertume composent une version plus fraîche, pensée autant pour l’après-midi que pour le réveil.
🚪 Pourquoi « Please Disturb » porte bien son nom
L’expérience peut être commandée via le room service ou en plaçant l’écriteau « Please Disturb » à l’extérieur de la porte. Le concept inverse volontairement l’un des codes les plus connus de l’hôtellerie : au lieu de protéger la chambre de toute interruption, le panneau déclenche le service.
Une fois le plateau arrivé, la mise en scène se termine devant le client. Selon l’accord choisi, le personnel ajoute une brume d’agrumes, caramélise une mousse ou dépose la dernière touche de chocolat et d’épices. Ce geste n’est pas indispensable pour boire un café, évidemment. Mais c’est précisément le produit vendu : transformer une pause familière en micro-expérience mémorable.
Le dispositif est proposé tout au long de la journée. Il ne se limite donc pas au petit-déjeuner et peut devenir une pause en milieu d’après-midi ou une gourmandise tardive en chambre.
👩🍳 Une cheffe de Marrakech au cœur du lancement
La déclinaison marocaine n’est pas un simple copier-coller. Btisam Albanouia, cheffe pâtissière du Sofitel Marrakech Palais Impérial & Spa, est aussi ambassadrice de La Haute Croissanterie pour le Maroc et l’Europe du Sud. Son rôle relie directement Marrakech à cette opération déployée dans vingt hôtels Sofitel à travers le monde.
L’idée de La Haute Croissanterie, lancée par l’enseigne en 2024, consiste à traiter le croissant comme une base de création plutôt que comme une viennoiserie figée. À Marrakech, cette approche rencontre logiquement la fleur d’oranger, le miel, les agrumes et une culture du service très scénarisée.
Ce n’est donc pas une nouvelle pâtisserie ouverte en ville, ni une offre accessible à emporter. C’est une expérience réservée aux clients de l’hôtel et pensée pour la chambre. Cette limite mérite d’être claire, tout comme son caractère temporaire.
- Lieu : Sofitel Marrakech Palais Impérial & Spa, quartier de l’Hivernage ;
- Période : du 1er septembre au 26 novembre 2026 ;
- Format : trois accords café-croissant servis en chambre ;
- Commande : room service ou écriteau « Please Disturb » ;
- À savoir : disponibilité et tarif à confirmer directement auprès de l’hôtel.
👀 Ce que cette nouveauté dit de l’hôtellerie à Marrakech
À première vue, tout cela peut sembler très accessoire : beaucoup de mise en scène pour une viennoiserie. Mais c’est justement un signal intéressant. Les palaces de Marrakech ne veulent plus seulement vendre une chambre, une piscine ou un restaurant. Ils cherchent à multiplier des moments courts, identifiables et faciles à raconter.
Après les bars éphémères, les brunchs signés et les résidences bien-être, le café-croissant devient à son tour un produit d’expérience. Le luxe se déplace vers le détail, le geste et la personnalisation — quitte à théâtraliser ce qui était autrefois le geste le plus banal du matin.
« Please Disturb » ne révolutionnera pas le petit-déjeuner marrakchi. Mais le concept montre bien jusqu’où les hôtels poussent désormais la scénarisation de l’hospitalité. Et entre le croissant au poivre du Sichuan et l’espresso tonic à l’orange, cette pause-là a au moins le mérite de ne pas ressembler au buffet d’à côté.
Sources consultées le 23 septembre 2026 : Sofitel et La Nouvelle Tribune.
