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Photographie de l’exposition Al 3Aïla d’Ismail Zaidy au Mandarin Oriental Marrakech

Ce soir, Ismail Zaidy ramène ses histoires de famille là où elles sont nées : Marrakech

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Ce soir, un enfant de Marrakech expose au cœur de l’un de ses hôtels les plus internationaux. Et il n’arrive pas avec des images de carte postale. Ismail Zaidy ouvre « Al 3Aïla » au Mandarin Oriental avec un sujet beaucoup plus proche de lui : sa famille, ses souvenirs et les rôles que l’on hérite parfois sans les avoir choisis.

Le vernissage, annoncé ouvert au public, débute ce mercredi 23 septembre à 18 heures. L’accrochage prend place dans le lobby de l’établissement, route du Golf Royal. Un décor très luxe pour une série née d’une matière profondément intime — voilà déjà ce qui rend ce rendez-vous moins lisse qu’il n’en a l’air.

Le détail à retenir : Ismail Zaidy ne revient pas simplement exposer à Marrakech. Il replace dans sa ville un projet familial commencé en 2018 avec son frère et sa sœur.


📸 Une famille transformée en langage visuel

« Al 3Aïla » signifie « la famille » en arabe. Chez Ismail Zaidy, le mot ne sert pas de thème décoratif : il décrit sa méthode de travail. Son frère et sa sœur participent à la fabrication de ses images, posent, composent et donnent au projet sa continuité.

Les photographies jouent avec les corps, les tissus, les objets et les aplats de couleur. Les visages peuvent disparaître derrière un voile ou sortir du cadre. Le quotidien devient graphique, parfois presque abstrait, sans perdre son ancrage marocain.

L’artiste a commencé la photographie en 2017 avec un smartphone. L’année suivante, il lançait le projet « 3aila ». Son parcours rappelle qu’une écriture visuelle forte ne commence pas nécessairement dans un grand studio : elle peut naître avec peu de moyens, dans un environnement familier et avec les personnes que l’on connaît le mieux.


🌈 Marrakech est là, même quand on ne la reconnaît pas immédiatement

Ismail Zaidy est né et a grandi à Marrakech. Pourtant, son travail ne repose ni sur les remparts, ni sur les palmiers, ni sur les images attendues de la ville. Marrakech apparaît autrement : dans les couleurs des vêtements, dans les étoffes, dans les gestes et dans les souvenirs d’enfance.

C’est peut-être la partie la plus intéressante du projet pour le public local. « Al 3Aïla » montre qu’un artiste peut parler de sa ville sans l’illustrer littéralement. Il peut en extraire une palette, une manière d’occuper l’espace ou un rapport aux proches, puis transformer ces éléments en images capables de circuler bien au-delà du Maroc.

L’UNESCO décrivait déjà son univers comme abstrait, poétique, coloré et minimaliste, en soulignant le rôle central de sa famille dans le processus créatif. Cette reconnaissance internationale ne gomme pas l’origine marrakchie du travail ; elle la rend simplement lisible sous une autre forme.


🏨 Pourquoi cette expo dans un palace n’est pas un détail

Installer ces photographies dans le lobby du Mandarin Oriental crée un contraste assumé. D’un côté, un hôtel fréquenté par une clientèle internationale. De l’autre, une œuvre construite autour des liens familiaux, des souvenirs modestes et de l’environnement où l’artiste a grandi.

Ce type d’accrochage accompagne une tendance que l’on repère de plus en plus à Marrakech : les hôtels ne veulent plus seulement montrer de la décoration. Ils cherchent à devenir des lieux de programmation, à accueillir des artistes locaux et à créer un passage entre visiteurs, collectionneurs et scène culturelle marocaine.

La formule a évidemment ses limites. Un lobby n’est pas un musée et l’hospitalité de luxe impose son propre contexte. Mais l’entrée libre et le vernissage public déplacent légèrement les frontières : on peut venir voir le travail sans réserver une chambre ni s’installer au restaurant.

Ce qu’il faut savoir :

  • Vernissage : mercredi 23 septembre 2026 à 18h ;
  • Lieu : lobby du Mandarin Oriental Marrakech, route du Golf Royal ;
  • Artiste : Ismail Zaidy, alias L4artiste ;
  • Thèmes : famille, mémoire, identité et rôles hérités ;
  • Accès : entrée libre annoncée.

👀 Ce qu’il faudra regarder sur place

Le premier réflexe sera sans doute de regarder les couleurs. Mais les images gagnent aussi à être lues comme des scènes de collaboration. Qui construit l’image ? Qui se cache ? Qui regarde ? Qui occupe le centre et qui reste en marge ?

Ces questions rejoignent directement le propos annoncé de l’exposition sur la mémoire, l’identité et les rôles familiaux hérités. Sous leur apparente simplicité, les compositions parlent autant de proximité que de mise en scène. Elles montrent la famille comme un refuge, un atelier collectif et parfois un système de places déjà distribuées.

Ce soir, Marrakech pourra donc découvrir un travail né en son sein mais largement diffusé ailleurs. Ce retour mérite le détour précisément parce qu’il évite le folklore : Ismail Zaidy ne photographie pas la ville que l’on vend. Il montre la matière intime avec laquelle un Marrakchi peut fabriquer son propre langage.

Sources consultées le 23 septembre 2026 : La Tribune de Marrakech, Made in City Marrakech et UNESCO.

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