À environ 90 kilomètres au sud de Marrakech, quelque chose de très concret va commencer en octobre : 24 sondages, près de 5 000 mètres de forage et un levé magnétique par drone. L’objectif n’est pas encore d’extraire de l’or, mais de vérifier jusqu’où s’étend réellement la minéralisation repérée à Tichka Est.
Le sujet pourrait sembler lointain depuis Guéliz ou la médina. Il touche pourtant directement l’arrière-pays économique de Marrakech : le projet couvre 82 km² dans le Haut Atlas et entre désormais dans une phase capable de préciser son potentiel — ou d’en montrer les limites.
⛏️ Ce qui démarre vraiment en octobre
La compagnie canadienne Stellar AfricaGold a annoncé avoir attribué à une entreprise marocaine le contrat de forage de la phase II. La mobilisation du matériel a commencé et les opérations doivent débuter en octobre 2026.
Le programme prévoit 24 sondages pour environ 5 000 mètres. Les premières cibles se situent autour de la zone B, là où un forage précédent, TCK-001, avait recoupé 12 mètres à une teneur moyenne annoncée de 6,62 grammes d’or par tonne, avec un intervalle plus court de 2 mètres à 22,28 grammes par tonne.
Autrement dit : il existe un signal géologique sérieux, mais pas encore la preuve d’une mine viable. Cette nouvelle campagne doit justement réduire cette zone d’incertitude.
🛰️ Des tranchées au drone, le terrain va être relu autrement
Le forage n’est qu’une partie de l’opération. Une campagne de sept tranchées a débuté le 14 septembre afin de tester un corridor de dykes minéralisés et des anomalies repérées dans des échantillons plus anciens.
En parallèle, un levé magnétique à très haute résolution doit couvrir les zones A, B et C sur environ 144 kilomètres linéaires. Réalisé par drone à une altitude nominale de 60 mètres, il servira à cartographier plus précisément les structures rocheuses, les failles et la possible signature du système hydrothermal associé à l’or.
Ce détail compte : dans une campagne d’exploration, mieux comprendre la géométrie souterraine permet d’éviter de forer à l’aveugle. Les données du drone et des tranchées doivent donc guider les prochaines cibles.
📍 Pourquoi Marrakech doit garder Tichka Est dans son radar
Le projet se trouve dans le Haut Atlas, à environ 90 kilomètres au sud de Marrakech. Il ne s’agit donc pas d’un projet urbain marrakchi, mais son bassin logistique, ses prestataires, ses accès et une partie de ses retombées potentielles regardent naturellement vers la ville.
Le contrat de forage et celui du levé géophysique ont tous deux été confiés à des sociétés marocaines, selon les informations publiées. À court terme, c’est là que se situe le signal business le plus tangible : prestations techniques, mobilisation de matériel, campagnes de terrain et expertise locale.
À plus long terme, tout dépendra des résultats. Entre une anomalie prometteuse et un gisement économiquement exploitable, il reste de nombreuses étapes : continuité des teneurs, volume, métallurgie, coûts, environnement, infrastructures et autorisations.
💰 Un projet encore exploratoire, soutenu par un partenariat public
Tichka Est est développé depuis 2020 dans le cadre d’un partenariat avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Une nouvelle convention de recherche signée en 2025 prévoit, d’après les informations disponibles, un engagement d’exploration de 2,39 millions de dollars américains sur trois ans.
Ce calendrier donne une autre lecture au démarrage d’octobre : la phase II n’est pas un coup de sonde isolé, mais une séquence structurée associant forage, tranchées et géophysique. Les résultats d’analyse diront si Tichka Est mérite une campagne encore plus ambitieuse.
🔎 Le vrai signal à suivre dans les prochaines semaines
Le mot « or » attire vite les grands titres. Le vrai sujet est plus précis : les nouvelles données confirmeront-elles la continuité de la minéralisation au-delà des premiers résultats encourageants ?
Pour Marrakech, Tichka Est est surtout un rappel que les mouvements économiques de la région ne se jouent pas uniquement dans l’hôtellerie, l’immobilier ou la restauration. À moins de deux heures de la ville, le sous-sol du Haut Atlas entre lui aussi dans une phase d’observation beaucoup plus serrée.
Sources : communiqué de Stellar AfricaGold du 22 septembre 2026 et synthèse de Médias24. Image à la une : illustration éditoriale générée par IA.
