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Villa Butterfly près du golf d’Amelkis à Marrakech, conçue par Mohamed Amine Siana

Près d’Amelkis, cette villa remet le « cocon » au centre de l’architecture marrakchie

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Elle n’est pas une ouverture de la semaine — et c’est précisément ce qui rend son retour dans le radar intéressant. Achevée en 2023 près du golf d’Amelkis, la Villa Butterfly vient d’être remise en avant par une plateforme internationale d’architecture. Derrière ses 750 m², elle défend une idée très marrakchie sans la copier littéralement : protéger côté rue, puis s’ouvrir largement vers le paysage.

Conçue par l’architecte marocain Mohamed Amine Siana, la maison tire son nom d’une vision de papillons aperçus sur le terrain. Le projet transforme cette image en architecture : un « cocon » opaque et rassurant côté accès, puis une structure plus légère qui se déploie vers le golf et l’Atlas.

Le signal à suivre n’est pas une nouvelle villa spectaculaire de plus. C’est la façon dont une architecture contemporaine produite à Marrakech peut redevenir visible plusieurs années après sa livraison grâce à une idée forte, immédiatement lisible.


🦋 Une maison pensée comme une transformation

La Villa Butterfly apparaît cette semaine dans une nouvelle publication internationale datée du 22 septembre 2026. Le bâtiment, lui, date bien de 2023. Pas de fausse nouveauté, donc : ce qui bouge aujourd’hui est sa circulation éditoriale et la manière dont le projet continue d’intéresser au-delà de Marrakech.

Son concept évite l’image décorative du papillon. Il organise plutôt une séquence. Depuis la rue, la façade en U reste introvertie et protège la vie intérieure. Du côté du golf, la composition s’allège, les ouvertures grandissent et la maison se tourne vers les vues. L’architecture fait ainsi passer l’habitant d’un espace contenu à un paysage largement cadré.

Cette dualité répond à une question très concrète dans les villas périphériques de Marrakech : comment profiter de l’horizon sans transformer toute la maison en vitrine ? Ici, la réponse passe par une transparence contrôlée plutôt que par une façade entièrement vitrée.


🌄 Vers le golf, la transparence reste maîtrisée

À l’arrière, de grandes surfaces vitrées sont encadrées par des arches métalliques. Elles donnent une sensation d’ouverture, tout en maintenant une structure visuelle suffisamment présente pour préserver l’intimité. Les lignes droites et massives du « cocon » rencontrent alors des courbes plus souples, inspirées du vocabulaire arabo-andalou.

Le contraste est volontaire : poids et légèreté, retrait et réception, protection et exposition. Il évite surtout deux caricatures fréquentes. La maison n’imite pas un riad traditionnel, mais elle ne gomme pas non plus les logiques locales de seuil, d’ombre et de confidentialité.

Avec un terrain situé près d’Amelkis, les vues deviennent une matière du projet. Le golf et l’Atlas ne servent pas seulement d’arrière-plan photographique : ils déterminent l’orientation des pièces et la progression des volumes.


🧱 Le zellige passe en monochrome

À l’intérieur, le projet croise mobilier contemporain, références Art déco et artisanat marocain. Le zellige est bien présent, mais traité dans des tonalités monochromes. La terre locale, la paille et les pigments maintiennent quant à eux le lien avec l’ocre de Marrakech.

Ce choix raconte une évolution visible dans l’habitat haut de gamme local : les matières artisanales ne disparaissent pas, elles cessent simplement d’être utilisées comme des signes obligatoires. Un zellige peut structurer une texture sans devenir le sujet principal de la pièce ; une arche peut guider un passage sans transformer l’ensemble en décor historique.

La maison montre ainsi une autre voie que le minimalisme blanc importé ou l’accumulation néo-marocaine. Elle conserve les matières et les gestes locaux, mais les fait travailler dans une composition plus silencieuse.


🏠 Une villa conçue pour recevoir, pas seulement pour être regardée

Les 750 m² comprennent des espaces de réception, des suites pour les invités, un hammam et une cuisine professionnelle. Cette organisation rappelle que les grandes maisons marrakchies restent souvent pensées autour de l’hospitalité : on y habite, mais on y reçoit aussi beaucoup.

La cuisine professionnelle n’est pas un simple équipement premium. Elle révèle un usage où les repas, les événements privés et la présence d’équipes de service font partie du programme architectural. Le hammam, lui, inscrit un rituel domestique local dans une enveloppe contemporaine.

Ce qu’il faut retenir

  • Lieu : près du golf d’Amelkis, à Marrakech ;
  • Surface : 750 m² ;
  • Année : 2023 ;
  • Architecte et design intérieur : Mohamed Amine Siana ;
  • Équipe : Yassine El Aouni, Salim El Aouni et Rachid El Maataoui ;
  • Photographies : Doublespace Photography.

👀 Pourquoi elle revient dans le radar maintenant

Une maison livrée en 2023 et republiée en 2026 n’est pas une actualité au sens classique. C’est en revanche un signal utile : certains projets marrakchis commencent à avoir une seconde vie internationale, au-delà de leur inauguration et des images de chantier.

La Villa Butterfly tient cette distance parce que son récit et ses choix se répondent. Le papillon n’est pas seulement un nom accrocheur ; il relie la façade protectrice, les volumes qui s’ouvrent, les courbes et la relation au paysage. Dans une ville où les villas spectaculaires se multiplient, cette cohérence devient peut-être le vrai luxe architectural.

Sources consultées le 27 septembre 2026 : publication Jidipi du 22 septembre 2026 et fiche ArchDaily du projet. Photographie : Doublespace Photography.

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