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Illustration des futurs centres d’addictologie et de réinsertion des jeunes à Marrakech

Deux quartiers de Marrakech préparent un centre d’addictologie pour les jeunes

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Ce n’est encore ni une inauguration ni un chantier visible. Mais le signal est concret : la Commune de Marrakech vient de lancer deux consultations architecturales pour créer deux centres consacrés à l’addictologie et à la réinsertion des jeunes, l’un dans l’arrondissement Ménara, l’autre à Sidi Youssef Ben Ali.

Deux quartiers, deux procédures parallèles et une même échéance. Derrière le langage très administratif des marchés publics, Marrakech esquisse une réponse de proximité à un sujet que la ville aborde encore rarement à ciel ouvert.


🏗️ Deux projets apparus en même temps

Les avis ont été publiés le 3 octobre 2026 sous les références 88/2026/CM et 89/2026/CM. Ils portent sur l’étude architecturale et le suivi de construction de deux centres d’addictologie et de réinsertion des jeunes.

  • Projet 88/2026/CM : arrondissement Ménara ;
  • Projet 89/2026/CM : arrondissement Sidi Youssef Ben Ali ;
  • Estimation annoncée : 4,5 millions de dirhams TTC pour chacun ;
  • Date limite de remise des offres : 29 octobre 2026 à 11 h.

Au total, les deux enveloppes estimatives représentent donc 9 millions de dirhams. Il faut toutefois lire ces chiffres avec précision : à ce stade, il s’agit de consultations architecturales ouvertes. Les bâtiments ne sont pas encore livrés et les avis ne donnent pas de date d’ouverture au public.

La nouveauté n’est pas seulement la création annoncée d’un équipement. C’est le choix de dupliquer le dispositif dans deux arrondissements au lieu de concentrer toute la réponse dans un seul lieu.


📍 Pourquoi Ménara et Sidi Youssef Ben Ali comptent

Les deux implantations projetées racontent une logique de proximité. Ménara couvre une vaste partie de l’ouest et du sud-ouest marrakchi, tandis que Sidi Youssef Ben Ali possède une identité populaire très forte à l’est de la médina. Installer un centre dans chacun de ces secteurs peut réduire la distance — géographique, mais aussi symbolique — entre les jeunes, les familles et l’accompagnement spécialisé.

Sur l’addictologie, cette distance compte. La peur du jugement, le coût des déplacements et la méconnaissance des structures existantes peuvent retarder une première démarche. Un équipement identifiable dans le quartier ne règle pas tout, mais il peut rendre l’accès plus lisible et moins intimidant.

Le mot « réinsertion » présent dans les deux intitulés est tout aussi important. Il indique que les projets ne sont pas seulement pensés autour du soin : ils devraient aussi considérer le retour vers la formation, l’activité, l’autonomie et la vie sociale. Le contenu précis des programmes reste cependant à confirmer lorsque les projets entreront dans une phase plus avancée.


🧱 L’architecture peut-elle réellement aider ?

Pour ce type de lieu, l’architecture n’est jamais un simple décor. Elle peut faire la différence entre un bâtiment vécu comme une institution fermée et un espace où l’on accepte de franchir la porte.

Confidentialité des parcours, lumière naturelle, espaces collectifs non stigmatisants, accès discret, présence d’un extérieur, circulation claire : ces détails ont un effet direct sur la qualité de l’accueil. À Marrakech, la question climatique s’ajoute au reste. Ombre, ventilation, patios et matériaux adaptés peuvent offrir un cadre apaisant sans transformer le centre en équipement froid ou impersonnel.

Les consultations demandent précisément une étude et un suivi architecturaux. Le choix des équipes sera donc une première étape à observer : au-delà du geste esthétique, leur proposition devra traduire une mission sociale sensible dans un bâtiment réellement utilisable.


🔎 Ce que les avis disent — et ce qu’ils ne disent pas encore

Les informations publiques permettent d’établir l’existence des deux procédures, leur localisation par arrondissement, leur estimation et leur calendrier de remise des offres. Elles ne permettent pas encore d’annoncer un calendrier de travaux, une adresse exacte, une capacité d’accueil ou la composition des équipes médicales et sociales.

Autrement dit, Marrakech a posé une intention budgétée et lancé la recherche architecturale. La suite dépendra du déroulement des procédures, de l’attribution des missions, puis des étapes administratives et opérationnelles. Présenter aujourd’hui ces centres comme déjà construits serait aller trop vite.

Cette nuance n’enlève rien au signal. Deux appels simultanés sur un même enjeu montrent que la question n’est pas traitée comme une opération isolée. Elle commence à apparaître dans la fabrique concrète de la ville.


🌆 Un autre visage de la transformation marrakchie

À Marrakech, les nouveaux projets visibles sont souvent des hôtels, des restaurants, des résidences ou des lieux de loisirs. Ces deux centres racontent une transformation plus discrète : celle des équipements publics qui doivent accompagner la croissance de la ville et ses réalités sociales.

Le vrai test viendra après les plans. Les centres devront être accessibles, dotés d’équipes compétentes, connectés aux familles et aux associations, et capables d’accompagner les jeunes dans la durée. Un beau bâtiment ne suffit pas. Mais sans lieu adapté, les meilleures intentions restent elles aussi abstraites.

À suivre : l’attribution des consultations après le 29 octobre, le choix des sites précis et le calendrier annoncé pour les travaux.

Sources consultées le 17 octobre 2026 : avis de consultations architecturales 88/2026/CM et 89/2026/CM, publiés par la Commune urbaine de Marrakech et relayés à partir du Portail marocain des marchés publics. Fiche du projet Ménara ; fiche du projet Sidi Youssef Ben Ali.

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