410 candidatures pour seulement 30 places. Derrière ce ratio, Marrakech ne prépare pas seulement un festival : la ville consolide un rôle beaucoup moins visible, celui de laboratoire où des films marocains, arabes et africains cherchent leurs partenaires, leur financement et leur chemin vers les écrans.
La neuvième édition des Ateliers de l’Atlas se tiendra du 22 au 26 novembre 2026, dans le sillage du Festival international du film de Marrakech. La sélection annoncée cette semaine réunit 30 projets et films venus de 14 pays. Un signal fort pour une plateforme professionnelle qui travaille loin des tapis rouges, mais de plus en plus près du cœur économique du cinéma.
🎬 30 retenus sur 410 : la sélection devient très serrée
Les chiffres donnent immédiatement la mesure du rendez-vous : les organisateurs ont reçu 320 projets en développement et 90 films en tournage ou en postproduction. Au final, 14 projets en développement, 11 films encore en fabrication et cinq projets marocains réunis dans la section « Regards sur l’Atlas » ont été retenus.
Autrement dit, moins d’une candidature sur quatorze entre dans la sélection principale. Ce niveau de concurrence dit quelque chose de l’attractivité acquise par Marrakech auprès d’une nouvelle génération de cinéastes. Les pays représentés vont du Maroc au Sénégal, de la Palestine au Rwanda, en passant par l’Égypte, l’Éthiopie, la Jordanie, le Liban ou encore le Cap-Vert.
Le vrai sujet n’est plus seulement de montrer des films à Marrakech, mais d’y aider les prochains à exister.
💼 Ce qui se négocie loin du tapis rouge
Les Ateliers de l’Atlas fonctionnent comme un espace de travail : accompagnement artistique et professionnel, sessions de pitch, présentation d’extraits et rencontres individuelles avec des professionnels internationaux. Pour les équipes sélectionnées, ces échanges peuvent peser sur la coproduction, la finalisation d’un film, sa stratégie de festival ou sa diffusion.
Cette mécanique discrète fait partie de l’économie réelle du cinéma. Avant une affiche, une première ou une sortie en salle, il faut souvent convaincre des partenaires, structurer un budget, affiner un montage et trouver les bons relais. Marrakech cherche précisément à devenir l’un des endroits où ces décisions se préparent pour les cinémas du Maroc, du monde arabe et du continent africain.
Plusieurs films accompagnés lors d’éditions précédentes reviennent d’ailleurs cette année à un stade plus avancé. Cette continuité permet de mesurer le programme autrement que par le nombre de participants : un projet repéré au développement peut revenir en postproduction, puis poursuivre sa route dans les festivals.
🇲🇦 Cinq projets marocains et une nouvelle génération de producteurs
La section « Regards sur l’Atlas » met cinq projets marocains au premier plan : quatre fictions et un documentaire. En parallèle, le programme Atlas Station accompagnera huit producteurs marocains — quatre femmes et quatre hommes — sélectionnés parmi 30 candidatures.
Cinq courts métrages marocains en postproduction bénéficieront également d’un suivi adapté à leur finalisation et à leur circulation. C’est peut-être là que se joue le signal le plus intéressant pour Marrakech : le rendez-vous ne se contente plus d’attirer des œuvres terminées, il investit dans les compétences, les réseaux et les étapes fragiles de la fabrication.
- 30 projets et films sélectionnés ;
- 14 pays représentés ;
- 410 candidatures reçues ;
- 8 producteurs marocains accompagnés par Atlas Station ;
- 5 courts métrages marocains suivis en postproduction.
🌍 Kleber Mendonça Filho, un parrain qui élargit le radar
La neuvième édition sera parrainée par le cinéaste brésilien Kleber Mendonça Filho, réalisateur des Bruits de Recife, d’Aquarius et de Bacurau. Sa présence place le dialogue sur un axe intéressant : des cinémas ancrés dans leurs territoires, capables de voyager sans lisser leur identité.
Pour les participants, le parrainage compte moins comme une caution médiatique que comme une occasion d’échange avec un auteur passé par les grands festivals internationaux. Il renforce aussi l’idée que Marrakech veut connecter les talents régionaux à des trajectoires mondiales, sans transformer l’atelier en simple vitrine.
📍 Pourquoi cela compte pour Marrakech
Du 20 au 28 novembre, le Festival remettra naturellement les projections, les stars et les grands rendez-vous au centre de l’attention. Mais du 22 au 26 novembre, une autre ville du cinéma travaillera en parallèle : celle des producteurs, des premiers longs métrages, des plans de financement et des films encore inachevés.
C’est moins spectaculaire qu’un tapis rouge, mais probablement plus structurant. Avec 410 candidatures venues frapper à sa porte, Marrakech confirme qu’elle n’est plus seulement un décor ou une scène de prestige. Elle devient peu à peu un endroit où l’on vient aussi construire la suite.
Informations vérifiées le 20 octobre 2026 auprès du Festival international du film de Marrakech, des Ateliers de l’Atlas, de SNRT News et d’Aujourd’hui le Maroc.
