Ce n’est pas juste un palmarès de plus dans l’écosystème chic de Marrakech. Avec le Fondation Jardin Majorelle Prize 2026, on voit surtout apparaître quelque chose de plus intéressant : un terrain où la ville commence à tester, très concrètement, ce que pourrait devenir sa prochaine génération d’architecture sensible.
Le 15 mai, la Fondation Jardin Majorelle a distingué l’architecte Salsabil El Ouazzani pour son projet Nouala, the moving shelter, imaginé pour le Pavillon Temporaire de la Villa Oasis. Dit comme ça, le sujet peut sembler réservé aux initiés. En réalité, il raconte quelque chose de beaucoup plus large sur Marrakech : la ville ne veut plus seulement montrer de beaux lieux, elle veut aussi devenir un endroit où l’on expérimente des formes plus fines, plus durables et mieux ancrées dans leur environnement.
🏛️ Un prix discret, mais un vrai signal pour la scène locale
Le projet lauréat a été salué pour la justesse de son intégration dans le Jardin Majorelle, la pertinence de ses matériaux et sa faisabilité. C’est précisément là que le sujet devient intéressant pour Info Marrakech : on n’est pas dans la promesse abstraite ou le concept d’école impossible à construire. On parle d’un projet qui cherche à tenir ensemble forme, usage, climat et respect du lieu.
Et dans une ville où l’image peut parfois prendre le dessus sur le fond, voir un prix valoriser cette précision-là n’est pas anodin. Cela dit beaucoup sur le type d’architecture que Marrakech commence à regarder de plus près.
Le vrai sujet n’est pas seulement le pavillon. C’est l’idée qu’à Marrakech, l’architecture la plus désirable pourrait bientôt être aussi la plus contextuelle.
🌿 Pourquoi ce projet colle parfaitement au moment que traverse Marrakech
Depuis plusieurs mois, la ville envoie des signaux très clairs : nouvelles adresses plus pensées, montée des lieux hybrides, attention renforcée aux matières, au paysage, à l’expérience et au détail. Le Fondation Jardin Majorelle Prize s’inscrit pile dans cette bascule. Il relie patrimoine, création contemporaine et jeunes talents sans tomber dans la reconstitution décorative.
Le jury présidé par Madison Cox et composé notamment de Karl Fournier (Studio KO), Salima Naji, Hiba Ben Salek et Alexis Sornin a étudié 34 candidatures venues des principales écoles d’architecture du Royaume. Ce chiffre compte. Il montre que Marrakech ne sert pas seulement de vitrine : elle devient aussi un point de projection pour une jeune scène marocaine qui veut travailler autrement.
- un lieu ultra-identifié, mais encore capable de produire du neuf
- un projet où l’abri, la mobilité et la matière comptent autant que l’image
- une lecture plus contemporaine du rapport entre architecture et jardin
- un concours qui donne de la visibilité à de nouveaux noms à suivre
🧱 Ce que Marrakech commence peut-être à préférer
Longtemps, beaucoup de projets visibles à Marrakech ont surtout été lus à travers le prisme du spectaculaire, du luxe ou de la carte postale. Ce prix raconte autre chose. Il met en avant une architecture qui travaille l’échelle juste, l’ombre, le refuge, la réversibilité et la relation au vivant. En clair : moins de geste gratuit, plus d’intelligence de site.
C’est aussi ce qui rend la mention spéciale accordée à El Mehdi Belyassmine intéressante. Elle confirme que plusieurs propositions fortes émergent autour d’une même envie : produire des formes contemporaines qui ne coupent pas le lien avec le contexte marocain.
👀 Pourquoi il faut garder ce sujet à l’œil
Parce que ce type de prix agit souvent comme un radar faible avant les mouvements plus visibles. Les noms qu’on repère ici peuvent nourrir les lieux, les scénographies, les pavillons, les maisons et les expériences qui feront parler demain. Et dans une ville aussi observée que Marrakech, ces signaux-là valent souvent plus qu’un gros effet d’annonce.
Autrement dit : derrière ce prix lié au Jardin Majorelle, il n’y a pas seulement un beau projet sélectionné. Il y a peut-être une indication plus précieuse encore sur ce que Marrakech commence à attendre de son architecture : moins de bruit, plus de justesse.
