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Œuvre tactile d’Élisabeth Busson exposée à La Mamounia Marrakech

Dans deux jours, La Mamounia va demander à ses visiteurs de toucher les œuvres

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Dans la plupart des expositions, le premier réflexe est de garder ses mains dans ses poches. À La Mamounia, ce sera exactement l’inverse. À partir du 15 octobre, les visiteurs seront invités à toucher les œuvres en relief d’Élisabeth Busson. Une proposition presque transgressive à l’heure où nos journées se passent à faire glisser les doigts sur des écrans parfaitement lisses.

L’artiste, qui vit et travaille entre Marrakech et Paris, a donné un nom à cette pratique : l’Haptillisme. Pendant un mois, jusqu’au 15 novembre 2026, ses créations sur Plexiglas investiront le lobby du palace autour d’un thème particulièrement marrakchi : les métiers du savoir-faire.


👆 Ici, « ne pas toucher » devient « prière de toucher »

Le principe est simple, mais il renverse l’un des codes les mieux ancrés du monde de l’art. Une œuvre ne serait plus seulement quelque chose que l’on observe à distance : elle pourrait aussi se découvrir avec les doigts.

Le mot Haptillisme vient du grec haptomai, « je touche ». Les tableaux d’Élisabeth Busson sont peints à la main en relief sur des plaques de Plexiglas. Les couches, les points et les lignes forment une surface que la lumière transforme au fil de la journée, mais dont la texture ne se révèle vraiment qu’au contact.

« Les yeux sont au bout des doigts. Toucher révèle l’invisible. » — Élisabeth Busson

Ce n’est donc pas un gadget interactif ajouté après coup. Le toucher fait partie de l’œuvre elle-même : il complète ce que l’œil perçoit et oblige le visiteur à ralentir.


✨ Une technique née dans un atelier de Marrakech

Avant de se consacrer pleinement à la peinture, Élisabeth Busson a travaillé dans la décoration intérieure puis dans la création d’accessoires, notamment avec la marque Marquise Paris. Son basculement vers l’art s’est opéré récemment, depuis son atelier marrakchi.

Sa technique repose sur une succession de gestes minutieux. Le pigment est modelé directement sur le Plexiglas, sans collage ni élément rapporté. De loin, les motifs se composent ; de près, le relief apparaît ; sous les doigts, l’œuvre change encore de lecture.

L’effet se situe quelque part entre la broderie, le vitrail et la sculpture murale. Le support translucide retient et réfléchit la lumière, tandis que les surfaces mates ou métalliques font varier la perception selon l’angle.


🧵 Pourquoi le thème des savoir-faire résonne à Marrakech

L’exposition ne choisit pas les métiers de la main par hasard. Marrakech reste une ville où la matière est partout : bois sculpté, zellige, plâtre ciselé, cuir, métal, textile, terre ou chaux. Beaucoup de ses décors les plus sophistiqués reposent encore sur un geste appris, répété et transmis.

Les œuvres d’Élisabeth Busson ne cherchent pas à imiter cet artisanat. Elles mettent plutôt en avant ce qu’il partage avec la création contemporaine : la patience, la précision et l’intelligence du geste. Dans le cadre de La Mamounia, elle-même façonnée par des générations d’artisans, le dialogue paraît particulièrement lisible.

C’est aussi ce qui donne à l’événement une portée plus large qu’une simple exposition de palace. Il remet le travail manuel au centre, au moment où l’image numérique et la création assistée occupent de plus en plus d’espace.


📱 Un antidote très actuel au tout-écran

On parle beaucoup d’expériences immersives, mais elles passent souvent par davantage de projections, de casques et d’écrans. L’Haptillisme prend le chemin opposé. Il mise sur une interaction élémentaire : poser la main sur une surface et ressentir ses aspérités.

Ce retour au tangible explique pourquoi le projet intrigue maintenant. Il ne demande ni mode d’emploi compliqué, ni application, ni filtre. Il crée une proximité immédiate avec l’œuvre et transforme le visiteur en participant.

Dans une ville où les ouvertures culturelles se multiplient cet automne, cette exposition apporte ainsi un geste différent : elle ne promet pas seulement quelque chose à voir, mais une sensation à éprouver.


📍 Ce qu’il faut retenir avant l’ouverture

  • Artiste : Élisabeth Busson
  • Concept : Haptillisme, œuvres peintes en relief sur Plexiglas
  • Dates : du 15 octobre au 15 novembre 2026
  • Lieu : lobby de La Mamounia, avenue Bab Jdid, Marrakech
  • Thème : les métiers du savoir-faire

Les informations sont confirmées par La Mamounia. Le parcours et la technique de l’artiste sont également présentés sur le site officiel de l’Haptillisme.

À deux jours de l’ouverture, une chose est déjà sûre : cette fois, toucher ne sera pas une maladresse. Ce sera précisément la manière de regarder.

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