À Marrakech, on parle souvent des nuits qui montent, des rooftops qui tournent bien ou des formats électro qui captent tout le radar. Mais en plein été, certains rendez-vous rappellent qu’il existe aussi une autre intensité locale : plus populaire, plus transmise, plus enracinée. C’est exactement ce que remet sur le devant de la scène le Festival national Ghiwani, accueilli du 6 au 9 août 2026 au théâtre de plein air d’Al Mhamid.
Le sujet n’est pas seulement qu’un festival revienne avec des noms forts. Le vrai signal, c’est qu’à Marrakech, un pan entier de la culture vivante reprend sa place dans l’été avec des voix, des textes et une mémoire musicale qui parlent encore directement au public. Dans une saison souvent tirée vers le décor ou la consommation rapide, ce type de rendez-vous remet autre chose au centre : le fond, le collectif, la résonance populaire.
Quand Lemchaheb ou Jil Jilala reviennent dans le radar d’un été marrakchi, ce n’est pas juste de la nostalgie. C’est une manière de rappeler que certaines musiques continuent de dire la ville autrement.
🎶 Quatre soirs pour remettre le ghiwani au cœur de la ville
Cette 14e édition réunit plusieurs groupes emblématiques du genre, parmi lesquels Lemchaheb, Jil Jilala, Larsad et Ouled Sousdi. Le festival prévoit aussi un hommage à Moumoud, figure du répertoire ghiwani. Dit simplement : on n’est pas devant un petit rendez-vous anecdotique coincé dans un agenda d’été. On est face à un vrai marqueur culturel local, capable de parler autant aux habitués qu’à une génération qui connaît parfois les noms sans avoir vécu l’énergie collective de ces soirées.
- Dates : du 6 au 9 août 2026
- Lieu : théâtre de plein air d’Al Mhamid, Marrakech
- Au programme : Lemchaheb, Jil Jilala, Larsad, Ouled Sousdi et d’autres groupes ghiwanis
- Temps fort : hommage à Moumoud
- Horaires : soirées annoncées à partir de 21h
- Accès : entrée annoncée gratuite, à confirmer auprès de l’organisateur
📍Pourquoi Al Mhamid change la lecture du sujet
Le fait que le festival se tienne à Al Mhamid n’est pas un détail. C’est même une partie du sujet. Parce que cela déplace le regard : on sort d’un centre-ville surmédiatisé pour remettre de la lumière sur un quartier où la culture populaire peut encore se vivre sans filtre lifestyle. Ce n’est pas la version carte postale de Marrakech. Et c’est précisément pour ça que c’est intéressant.
Dans le nouveau cadre éditorial d’Info Marrakech, ce genre de signal compte beaucoup. Il raconte une ville qui ne se résume ni à ses palaces ni à ses lieux premium les plus visibles. Il raconte une Marrakech plus dense, plus habitée, plus reliée à ses propres héritages vivants.
🔥 Ce que le retour du ghiwani raconte en 2026
Le mouvement ghiwani n’appartient pas seulement au passé. Il garde une puissance particulière parce qu’il mélange parole sociale, poésie, rythme collectif et mémoire marocaine. Et quand un festival comme celui-ci reprend de la place dans l’actualité locale, cela dit quelque chose d’assez net : la ville n’a pas complètement basculé dans des formats culturels hors-sol.
Au contraire, il reste à Marrakech un vrai espace pour des rendez-vous où la musique n’est pas juste une ambiance, mais une langue commune. C’est probablement ce qui rend ce festival plus fort qu’un simple “bon plan sortie” : il ne vend pas seulement un moment. Il réactive une continuité culturelle.
- il remet une culture populaire majeure au centre de l’été marrakchi ;
- il redonne de la visibilité à Al Mhamid dans les circuits de sortie ;
- il crée un pont entre mémoire musicale et présent local ;
- il offre un vrai contrepoint aux formats d’été plus standardisés.
👀 Notre regard
Franchement, c’est le genre de sujet qu’on préfère voir tourner plutôt qu’un énième plan interchangeable. Parce qu’il y a ici de la ville réelle, de la transmission et une énergie collective que beaucoup de formats plus marketés n’arrivent jamais à produire. Si le festival prend cette année, il pourrait bien redevenir l’un des vrais rendez-vous culturels populaires qu’on surveille de beaucoup plus près à Marrakech.
Et au fond, c’est peut-être ça le plus intéressant : au milieu des signaux faibles, des nouveautés et des lieux qui montent, Marrakech continue aussi d’être traversée par des formes culturelles qui n’ont pas besoin d’être neuves pour rester puissantes.
Infos pratiques : Festival national Ghiwani, du 6 au 9 août 2026, théâtre de plein air d’Al Mhamid, Marrakech. Soirées annoncées à partir de 21h. Entrée annoncée gratuite, sous réserve de confirmation par l’organisateur.
Sujet repéré via La Tribune de Marrakech, puis retraité éditorialement pour Info Marrakech.
