À Marrakech, il y a les événements qui font du bruit… et puis il y a ceux qui disent quelque chose de plus profond sur la ville. Le Festival de l’art du Melhoune, de retour du 26 au 29 juillet 2026, fait clairement partie de la deuxième catégorie.
Dit comme ça, le sujet pourrait sembler patrimonial, presque sage. En réalité, il touche à quelque chose de beaucoup plus vivant : la capacité de Marrakech à remettre au centre un art populaire, poétique et oral qui fait partie de sa mémoire locale, sans le laisser devenir une simple décoration culturelle.
Le vrai signal n’est pas seulement qu’un festival revient. C’est qu’à Marrakech, un patrimoine comme le Melhoune peut encore redevenir un rendez-vous, une matière vivante et un sujet de transmission — pas juste un souvenir à admirer de loin.
🎤 Un festival qui remet la parole chantée au premier plan
Organisée sous le thème « L’art du Melhoun : Authenticité et civilisation », cette 15e édition réunit plusieurs artistes du zajal, des poètes, des troupes de Melhoune, ainsi que des chercheurs et penseurs qui travaillent sur cet héritage. Le programme ne se limite donc pas à une suite de performances : il articule aussi colloques, rencontres et soirées artistiques.
Autrement dit, on ne parle pas ici d’un folklore figé pour touristes pressés. On parle d’un format qui essaie de relier la scène, la mémoire et la transmission, avec un accent assumé sur ce que Marrakech porte en propre.
- Quand ? Du 26 au 29 juillet 2026
- Quoi ? Soirées artistiques, rencontres, colloques et mise en valeur du patrimoine du Melhoune
- Angle fort : transmission aux jeunes générations et valorisation d’un art oral majeur
🌙 Pourquoi ce rendez-vous compte plus qu’il n’en a l’air
À force de voir Marrakech commentée uniquement par ses ouvertures, ses rooftops, ses day pass et ses nouvelles signatures, on oublie parfois que la ville joue aussi une autre bataille : celle de ce qu’elle choisit de préserver, de réactiver et de rendre désirable localement.
Le Melhoune n’est pas un simple habillage identitaire. C’est une forme de poésie chantée qui raconte la langue, les rythmes, les sensibilités et les imaginaires du Maroc. Et quand un festival lui redonne une visibilité concrète, surtout en pleine saison estivale, cela raconte quelque chose d’important : la culture locale n’a pas forcément besoin d’être “traduite” pour exister, elle peut aussi redevenir centrale par sa propre force.
- parce que c’est un vrai sujet local, pas un contenu interchangeable ;
- parce que le festival relie patrimoine et présent au lieu d’enfermer le Melhoune dans une image muséale ;
- parce qu’il remet aussi en lumière la Dekka marrakchia et les artistes qui en assurent la continuité ;
- et parce qu’il pose une bonne question : qu’est-ce que Marrakech choisit encore de faire vivre par elle-même ?
📚 Une dimension de transmission qu’il serait bête de sous-estimer
L’un des points les plus intéressants de cette édition, c’est justement la volonté affichée d’encourager les nouvelles générations à explorer cet art davantage. Dans une ville où l’offre culturelle peut parfois se concentrer sur l’effet, le décor ou la nouveauté immédiate, ce type de travail de fond a de la valeur.
Il y a aussi une vraie logique locale dans la mise en avant d’artistes ayant beaucoup œuvré pour la promotion de la Dekka marrakchia et la formation de jeunes interprètes capables de reprendre le flambeau. Dit autrement : le festival ne se contente pas d’honorer un patrimoine, il essaie de fabriquer sa suite.
📍Notre regard
Le Festival du Melhoune n’est peut-être pas le sujet le plus tapageur de l’été à Marrakech. Justement. C’est aussi pour ça qu’il mérite d’être regardé de près. Parce qu’au milieu des formats plus immédiats, plus instagrammables, plus faciles à vendre, il rappelle qu’une ville garde aussi son relief par ce qu’elle continue de transmettre. Et là-dessus, ce rendez-vous envoie un signal plutôt net : Marrakech peut encore faire monter ses propres héritages sans les réduire à un décor.
Source repérée via My Little Kech, puis retraitée éditorialement pour Info Marrakech.
